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Crise sanitaire oblige, nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter recourir aux masques de protection respiratoires dont l’insuffisance des stocks a nécessité de rationner leurs usages.

Les différents efforts de production, de générosité et de créativité permettent de résorber peu à peu les besoins prioritaires et d’envisager d’étendre leurs diffusions à des utilisateurs moins exposés.

Nous devons cependant être vigilant car il s’agit d’équipements de protection dont l’usage est loin d’être anodin :

  • Réfléchir à se protéger signifie la présence d’un risque actif. Dans un tel cas, éviter ou limiter l’exposition à ce risque sera toujours plus efficace que la meilleure des protections.
  • Un masque inadapté ou mal utilisé peut en affecter les performances voire, provoquer des complications. Il convient donc de bien le choisir, de savoir quand et comment s’en servir.

En milieu professionnel, une formation préalable à l’utilisation des équipements de protection est obligatoire (Article R4323-106 du code du travail).

Cet article se destine à faire le point sur ces équipements et les précautions liées à leur usage.

Généralités

Rappel des 9 principes généraux de prévention issus du code du travail (article L.4121-2)

  • La prévention prévaut sur la protection : moins on s’expose, moins on prend de risque, moins on a besoin de se protéger (en l’occurrence : réduire la fréquence et le temps de présence en des lieux collectifs)
  • La protection collective prévaut sur la protection individuelle : les masques doivent être portés en priorité par les personnes contaminées, puis par celles les plus exposées ou susceptibles de véhiculer la contamination

Add alt text©KEVADEL - Valerian ANDRE 2020

Il existe une multitude de masques respiratoires qui vont du simple masque en papier à l’adduction d’air. On les choisit en fonction de deux critères :

  1. ce dont on se protège (un masque en papier n’empêche pas l’inhalation d’un gaz toxique car il ne le filtre pas et ne serait pas suffisamment étanche)
  2. la durée d’exposition (qui fait perdre en étanchéité et en capacité de filtration)En matière de risque biologique, il faut ajouter un critère : qui souhaite t’on protéger ?
  • Un masque chirurgical est conçu pour capturer ce que vous expirez. Il n’est pas prévu pour vous protéger de votre environnement mais pour protéger ceux qui vous entoure de ce que vous pourriez expirer ou projeter sous forme de micro-goutelettes. C’est la raison pour laquelle on les réserve aux patients.
  • Un masque de type FFP (Filtering Facepiece Particles) est conçu pour vous protéger. Il en existe différents modèles (1 à 3) en fonction de la finesse de leur filtre. Le niveau 2 semble suffire dans le cas du COVID19 mais qui peut le plus peu le moins.

Précautions générales pour la protection respiratoire face à un risque biologique

Les masques en papiers sont les moins coûteux, les plus faciles à fabriquer, mais aussi les moins performants : durée de vie et étanchéité limitée, raison pour laquelle on les dit jetables.

Dans le domaine de l’amiante, l’utilisation des masques FFP3 est limitée à 15 minutes pour une concentration ambiante en deçà des valeurs limites professionnelles. Non seulement car ils présentent des fuites mais parce que ces fuites augmentent au fur à mesure des mouvements du porteur et de la dégradation progressive du tissu. Il n’y a pas encore de consensus sur la durée de vie optimale de ces masques dans le cadre d’une protection contre le COVID19 mais une chose est sûre : ils en ont une.

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  • limitez l’usage du masque aux réels situations d’exposition (lieux publics, face à un malade ou si vous êtes vous même malade)
  • retirez votre masque lorsque son utilisation n’est pas ou plus justifiée (seul dans votre voiture ou votre jardin, l’exposition n’est pas plus importante qu’à votre domicile et ne justifie pas le port d’un masque)
  • ne réutilisez pas un masque à usage unique, jetez le et lavez vous les mains
  • dans le cas d’une visière ou d’un masque lavable, lavez le avec un produit adapté et attendez son séchage avant réutilisation
  • Idéalement : utilisez des gants en plus de votre masque et retirez vos gants une fois le masque déposé

Une protection respiratoire constitue une contrainte pour son porteur :

  • Elle oppose une résistance à l’inspiration
  • Elle augmente le « volume mort » (la quantité d’air expirée, donc viciée, qui est inspirée au cycle suivant)
  • Elle crée un déficit sensoriel et relationnel
  • Elle peut-être source d’irritations

En milieu professionnel, l’utilisation d’une protection respiratoire dépend de l’aptitude médicale de son porteur.

La visite médicale d’aptitude consiste, notamment, à vérifier l’absence de pathologie respiratoires qui pourraient-être accentuées par ce dispositif.

Son utilisation doit-également être limitée et cadencée. Dans le cas de l’amiante, la durée maximum d’une vacation est de 2 heures 30 sans excéder un total de 6 heures quotidiennes. (article R4412-119 du code du travail)

Bonnes pratiques dans le contexte du COVID19

Lorsque les stocks viennent à manquer il convient de rationaliser les usages :

  1. faire porter en priorité un masque (de préférence chirurgical) à toute personne avérée contaminée ou susceptible de l’être (logique de protection collective : avec un seule masque, cette personne préserve tout son entourage en leur évitant à chacun d’en porter un)
  2. réserver le port de masques FFP à ceux qui sont les plus exposés : soignants ou tout autre professionnel susceptible (dans l’ordre de priorité)
  • de faire face à une personne contaminée
  • de séjourner dans un local clos fréquenté par du public
  •  de faire face à diverses personnes en milieu ouvert
  1. limiter la fréquence et le temps de séjour dans les espaces collectifs pour ne pas avoir à porter de masque
  2. Si les stocks le permettent : généraliser le port du masque
  • Chirurgical en premier lieu
  • FFP si les stocks le permettent

Un masque est une protection, il limite mais ne supprime pas l’exposition au danger.

La meilleure solution reste encore de ne pas s’exposer sauf nécessité.

Masques adaptés ou faits maison

Avantages

Ces fabrications maisons vous permettent de vous créer des écrans de protection qui agissent en premier lieu comme une protection pour les autres. C’est une bonne chose car vous êtes peut-être porteur et éviterez de disperser la contamination autour de vous.

Limites

L’étanchéité de ces masques ne peut-être garantie (sauf peut-être les détournements d’usage à partir des masques à tuba)

Les composants utilisés pour leur fabrication ne permettent pas de garantir leur capacité de filtration, donc leur capacité à VOUS protéger

Risques

Les masques de protections sont conçus de sorte à limiter la contrainte respiratoire pour son porteur. Un masque fait maison ne peut garantir cette efficacité. Limitez en l’usage.

Pour en savoir plus