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Déchet, une notion toute relative …

Règlementairement un déchet désigne « Tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon. »

Article L541-1 du code de l’environnement

La notion de déchet est donc toute relative. Elle est liée de près à la notion de propriété ainsi qu’à l’intérêt que lui porte son détenteur du moment. Réemployable en tout ou ou partie, celui-ci peut être recyclé.

Recycler-Partager-Recirculation-Environnement

Repositionné dans un système globale, ce déchet est avant tout constitué de matières issues d’un milieu naturel, transformé par l’un mais susceptible d’être retransformées pour un besoin distinct.

automne-feuilles-arbre-dechet vert-recyclage Le chêne se défait de ses feuilles à l’automne. La photosynthèse se fait trop rare pour justifier leur maintien alors qu’il doit ralentir et recentrer son métabolisme pour hiverner.

Ces feuilles pourraient être perçues comme un déchet pour le chêne mais sont aussi la base de la nourriture des décomposeurslombric-macrophage-recyclage-humus


Par leurs consommations et passages successifs, ces derniers vont peu à peu dégrader cette masse végétale en bases minérales (oxyde de soufre, phosphore, carbone, eau) dont le chêne pourra à nouveau profiter aux cours des printemps à venir.

Longtemps repris par les populations humaines (exemple du compostage), ces principes de recyclage et de valorisation sont depuis peu perçu par nos sociétés comme une opportunité, non seulement de protection de l’environnement, mais aussi de rentabilité et d’échanges économiques.

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Déchet ultime

« Est considéré comme ultime, tout déchet résultant ou non du traitement d’un déchet qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux. »

Article L541-1 du code de l’environnement

Le déchet ultime est la fraction non recyclable, non valorisable et non destructible d’une matière transformée par l’activité humaine et qui ne peut être réintroduite en l’état dans l’environnement naturel.

Pour autant, ce statut n’est pas irrémédiable. Il dépend des capacités technologiques et de leur coût de mise en œuvre.

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Certaines catégories de déchets nucléaires, les combustibles MOX, ont pu faire l’objet d’un réemploi grâce à de nouvelles opportunités technologiques.

Cette innovation a permis de diminuer le volume de déchets nucléaires actuellement enfouis faute de solutions technologiques qui permettraient de les neutraliser ou d’accélérer la décroissance de leur activité.

De la consommation au déchet et vice-versa

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Antoine Laurent de Lavoisier

  • Le volume de déchet est mécaniquement lié à la quantité de matière utilisée :

Matières mobilisées

Au niveau national les “matières mobilisées” constituent l’ensemble des quantités physiques de matières premières issues du territoire national ou importées en vue de satisfaire les besoins de l’économie française. En 2010, le ministère de l’environnement a évalué cet indicateur à 779 Mt.

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Figure 1 – SOeS – Chiffres et statistiques n°410 MEEDEM – Matière mobilisées en 2010

Volume de déchets

Catégorie de déchets Quantité de déchets produite en millions de tonnes en 2010 Total
Agriculture et pêche Industrie Construction Traitement des déchets, assainissement, dépollution Tertiaire Ménages
Déchets minéraux non dangereux   0,0 2,5 243,4 1,1 1,1 2,7 250,8
Déchets non minéraux non dangereux 1,0 17,2 14,3 11,5 22,4 26,4 92,7
Déchets dangereux 0,7 2,8 2,6 3,2 2,1 0,2 11,5
Ensemble 1,7 22,4 260,2 15,8 25,6 29,3 355,1

Source : SOeS

Bilan matière

En prenant le rapport simple de la matière mobilisée sur la quantité de déchets générés, on constate que 46 % de la quantité de matière utilisée pour satisfaire nos besoins se trouve en fin d’exercice transformée en déchets.

Il est intéressant à ce niveau, et compte tenu de la notion relative de déchet, d’étudier la possibilité :

  • De réduire la matière mobilisable en économisant la fraction non utilisée ou perdue.
  • De réemployer une fraction de la masse au rebus afin d’économiser en matière à mobiliser sur l’exercice suivant.

Dans le cadre d’une étude déchets, cette valeur doit être quantifiée en collectant, autant que faire se peut, les données propres à l’objet étudié (installation industrielle, produit, process). Cette démarche permettra d’établir une cartographie chiffrée des matières entrantes et sortantes suivant une démarche de type « analyse du cycle de vie ».

Enjeux et opportunités de réduction des déchets

  • La permaculture propose de définir la pollution comme étant la consommation ou la dispersion d’une matière dans l’environnement au delà de ses capacités de régénération ou d’absorption.

Au regard de ce principe, les objectifs de la réduction des déchets sont :

  • Limiter le débit et le volume de consommation des ressources naturelles en deçà des capacités de production offertes par les écosystèmes et de leurs besoins propres
  • Faciliter la réintroduction des matières dans les cycles de production ou les écosystèmes naturels dans la limite de leurs capacités

Optimisation

Analyse du cycle de vie du produit (du berceau à la tombe)

Principe

Cette méthode consiste à identifier et à quantifier les flux de matières et d’énergies (entrants et sortants) qui concourent à la fabrication, à l’utilisation et à la décomposition d’un produit.Elle doit être réalisée avec suffisamment de recul pour observer ces échanges entre les différentes parties impliquées (fournisseur, fabricant, commerçant, utilisateur, dépanneur, récupérateur) et leurs environnements respectifs.

Elle implique une approche transversale et multidisciplinaire (il s’agit d’une analyse systémique).

Elle permet d’évaluer l’impact environnemental d’un produit (qu’il s’agisse d’un bien, d’un service ou d’un procédé) et d’identifier, en les priorisant, des opportunités d’améliorations écologiques, économiques et organisationnelles.

 

Application générique du principe d’ACV à la gestion des déchets

On s’intéresse ici à des flux de matières : celles qui entrent dans la composition même du produit, mais aussi à le fabriquer, à le commercialiser, à l’utiliser, à réaliser son entretien et à le décomposer.

La première étape consiste donc à réaliser cet inventaire. Compte-tenu de son étendue, il est intéressant d’avancer par étape.

Une fois identifiées, ces matières doivent être quantifiées à chaque étape du cycle de vie en ramenant systématiquement à une unité définie (kilogrammes/heure de fonctionnement, kilogrammes/unité produite).

 

L’étude déchets

Réalisée dans le cadre de la Demande d’Autorisation d’Exploiter d’une ICPE, l’étude déchet vise à approfondir la connaissance des modes de génération des déchets, des possibilités de valorisation et de recyclage et du choix optimal de la filière d’élimination. Cette étude est à distinguer de l’étude d’impact.

Elle comporte 4 niveaux d’action :

  • Niveau 0 : réduction à la source de la quantité et de la toxicité des déchets produits (concept de technologie propre)
  • Niveau 1 : recyclage ou valorisation des déchets produits
  • Niveau 2 : traitement ou prétraitement des déchets par une filière agrée et adaptée
  • Niveau 3 : mise en centre d’enfouissement technique

Elle présente deux volets :

  • Volet 1 : description de la situation existante en matière de gestion des déchets (inventaire et bilan matière, présentation des modalités de gestion)
  • Volet 2 : étude technico économique des solutions alternatives de gestion du gisement déchets de l’entreprise (réduction des quantités, de la dangerosité, de la toxicité)

Elle doit respecter deux principes fondamentaux :

  • Un résidu ne deviendra un déchet et ne pourra être éliminé par incinération, détoxication, mise en décharge, etc., que s’il est démontré qu’il n’est pas possible de le recycler ou de le valoriser à un coût économiquement acceptable.
  • Un déchet ne pourra être éliminé en décharge (ou dans un stockage souterrain), qu’elle soit interne ou externe, que s’il ne peut être ni recyclé, ni valorisé, ni détoxiqué, ni incinéré, etc., à un coût économiquement supportable.

Recherche de recyclabilité du produit dès la conception

Les choix technologiques permettront :

  • D’accroître la fiabilité, la maintenabilité et la durée de vie du produit (Conception)
  • D’optimiser l’impact environnemental du produit en phase d’exploitation (Conception)

Le choix des matériaux et des assemblages conditionne les capacités ultérieures de démontage, de tri et de recyclage des composants :

  • Privilégier les ressources renouvelables ou issues du recyclage (R&D – Achats)
  • Substituer les ressources rares ou menacées (R&D – Achats)
  • Limiter la fraction de déchets ultimes (Conception)
  • Privilégier les transformations et assemblages permettant une séparation ultérieure des composants (Conception)De privilégier l’utilisation d’énergies, de consommables, et de produits d’entretiens recyclables, rechargeables (R&D – Conception)

 

Enfin, l’orientation politique de l’action marketing permettrait d’associer l’utilisateur / consommateur à la démarche de gestion des déchets :

    • points de collectes et d’échanges,
    • programme de reprise

Recherche de process « propres » et économiques

Réduction des pertes

  • Il s’agit avant tout de diminuer les pertes (Maîtrise d’exploitation)
    • « chutes » de coupes à Réglages machines, gabarits …
    • Fuites à Audits, surveillance, maintenance
    • Altération de la qualité à Précautions de manipulation ; conditions et durées de stockage
    • Rebus à Assurance qualité : bon du premier coup

Mise en place d’une politique de tri

Il s’agit d’associer le personnel et les entreprises intervenantes à l’action de traitement des déchets.

  • Sensibilisation
  • Formation
  • Mise à disposition de moyens

Organisation du recyclage interne

Durant plusieurs années, une entreprise de production de résines formol-phénoliques Suisse se fait livrer un intermédiaire de fabrication synthétisé depuis un site partenaire basé en France.Suite à l’augmentation des coûts de transport et à l’élévation des contraintes de sécurité appliquées au site partenaire, le site Suisse étudie une proposition de son laboratoire de recherches visant à extraite la substance importée depuis les sous-produits d’autres réactions chimiques qu’il réalise sur son site.

Il évalue le coût des aménagements à réaliser et décidera finalement de ne plus importer la substance. Le site français transformera à son tour son unité de production pour se concentrer sur ses produits phares.

Les sites nouvellement construits en Inde et en Chine reprendront dès leur construction la technologie mise en œuvre sur le site Suisse, permettant à l’ensemble du groupe de réaliser des économies et de diminuer leur volume de déchets.

Par ailleurs, une action de process réussie nécessite d’associer le personnel à la gestion des déchets (sensibilisation, formation, consignes).

Recherche de filières de recyclage, optimisation, coûts et gains

Il s’agit de faciliter la réintroduction des matières dans les cycles de production ou les écosystèmes naturels dans la limite de leurs capacités :

  • Contribuer au développement des filières de recyclage, de réhabilitation ou de valorisation (R&D)
  • Intégrer des circuits d’économies circulaires

Elimination des déchets non recyclables, optimisation, coûts et gains

Il s’agit d’isoler la fraction dangereuse du déchet

Cette opération permettra de réduire le volume du déchet et de baisser le coût de traitement en permettant une prise en charge ciblée.Tout commence par le tri :

Il existe de nombreuses opportunités technologiques pour le traitement de ces déchets. Une consultation élargie des offres du marché permettra d’identifier ces alternatives et de comparer leurs coûts.

Attention toutefois aux coûts de transports et d’acheminement ainsi que les exigences du centre de traitement qui, dans certains cas font basculer le bénéfice économique et écologique entre deux solutions.

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